Vendredi 24 juillet 2009


Aujourd’hui

 

disons-le (sans crainte de trop se tromper) l‘homophobie, l‘anti-sémitisme ou la xénophobie envers les tsiganes (les asiatiques, ainsi que les africains nouvellement sur place)(cochez une ou plusieurs case(s) au choix) se renouvelle dans la nouvelle génération. Aujourd‘hui toute cette génération qui était la nouvelle génération (en 1943), génération de responsables, de fautifs, de coupables (passifs) de complicité de meurtres (massifs)(qu’on appelle pour faire plus court génocide) a presque entièrement disparue (on meurt toujours tôt de nos jours à Budapest, la moyenne d’âge tourne autour de 56 ans pour les hommes -- à cause d’une combinaison presque traditionnelle et acceptée comme l’éternel destin tragique hongrois (presque traditionnel lui aussi) de pollution industrielle ou de mouvances urbaines, de néo-malnutrition post-industrielle, de tabagisme machiste ou féministe (cocher la bonne case selon le genre (sexe obligatoire car comment cocher les cases sinon hein ?) et d‘alcoolisme bon enfant, à grand renfort de publicités autorisées)(à moins que l’on y meure tôt (vers 56 ans) par expiation inconsciente justement, inconsciemment vécue par de nombreux hongrois comme éternel destin tragique presque traditionnel) sans avoir fait son mea culpa (alors que les allemands qui l’ ont pratiquement tous fait maintenant (ce qui n’empêche pas le néo-nazisme de se renouveller au gré des névroses nées de l’abondance des cases à cocher) meurent beaucoup plus tard en général) laissant à la nouvelle génération post-stalinienne une sorte de nostalgie bizarre et effrayante d’une des deux dictatures dont sont issues leurs parents au choix (cocher la bonne case : Hitler ou Staline).

De

l’autre côté du miroir, désinfectée radicalement par le passage in-hospitalier de la Suisse (quelles sont vos motifs pour séjourner en Suisse ? « je vais voir mon père dans un petit village en France« , la douanière ouvrant de grands yeux cherche, ennuyée deux secondes, quelle case elle pourrait bien cocher) l’Europe occidentale (presque autant inaccessible qu’avant pour la grande majorité des hongrois) ne donne pas plus envie de vivre heureux (malgré le matraquage médiatique -- qui (du côté Ouest) perpétue l’ image d’un Est peuplé de mendiants, et (du côté Est) accentue, caricature elle-aussi (éternel destin des média presque traditionnel lui aussi) l’ image d ‘une modernité à l’Ouest, hygiéniste et cruelle, totalement en oppposition avec la gentillesse (génétique, du génome presque traditionnel hongrois) hongroise) et K. ne mettra les pieds à l’Ouest qu’à contre-coeur et avec un ennuie (devenant à chaque fois devant la robotisation de sa ville chérie : Toulouse) plus nihiliste encore (que lorsqu’il vit à l’Est avec les hongrois)

 

Par Villusion
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Vendredi 24 juillet 2009




Vendredi 24 juillet 2009


Êtres

sans destin, nous le sommes tous maintenant à Budapest. Coincés entre l’enfer de la didacture stalinienne et l‘anti-destin de la société nouvellement (narcissique et) européenne.


En

Europe (de l‘Ouest), au contraire, le destin semble être devenu obligatoire : il n’y est plus question que de press people et de people-isation de chaque vie particulière. Arrivera , un jour chaque individu achètera son Journal Individuel, avec lui-même en couverture et rempli de ses propres photos faussement people, de la première à la dernière page... Il ne pourra alors plus s’échapper à lui-même, et son narcissisme poussé au maximum s’annulera dans des affres hygénico-sexuels auto-destructeurs (conformément au mythe éternel du beau jeune homme près du ruisseau) d’autant qu’il sera broyé dans la multitudes des autres narcissismes environnant.

 

L’enfer

c’est maintenant. Quand Kertes écrit sur la folie des gens à Budapest en 1943, puis en 1976 (cette année revient souvent ces jours-ci donc je préfère l’y laisser encore une fois)(le vieux est à nouveau dans la capitale hongroise, 33 ans (l’âge du Christ) plus tard) il se perd dans l’in-individu (ou l’a-narcissisme si l’on préfère). Aujourd’hui (un âge du Christ après) K. (encore une fois appelons-le comme cela)est toujours , dans Budapest transformée pour les besoin (on pourrait presque dire hollywoodiens) de la vie moderne (avec ses nouveaux trams à air conditionné, refuge des sans-abris sous la canicule devenue pire (ainsi que pendant le froid sibérien devenu pire également (sorte d’anti-canicule qui se reflète en négatif à l‘excès, toujours pire) ses écrans géants, inutiles papillons de nuit géants colorés, épinglés dans les coins les plus laids et obscures de la ville, afin de narguer par grappes des centaines de gens chaque jours, qui n’arriveront pas à s’acheter le strict nécessaire même jetable ou facilement cassables (ce qui revient au même il faut l’avouer) même de marque chinoise) et il continue son anti-destin et ce refus, cet échec (si l’on préfère loin de la traduction française (du hongrois « kudarc « ) de son lívre, la seconde partie de sa trilogie « sans destin« ) répété dans le monde moderne.

L’enfer

c’est le refus de la société moderne, de ce qui devrait être la vraie modernité : celle qui pourrait en quelques années, à force de volonté commune, et qui devrait sans difficulté, annéantir toute la misère du monde, au lieu d‘assister, faussement et lâchement impuissante, à son accentuation croissante. En 1976 (gardons cette date arbitrairement, cette année revenant souvent ces jours-ci) alors que le récit (futur prix nobel) de la vie de K. (jeune homme a-narcissique dans les camps de 1943), ne plaît à personne (K. est alors un des rares hongrois de cette époque, à écrire sans se soucier d’un éventuel salaire du parti stalinien (tout en reconnaissant qu’il devrait au contraire s’en soucier à chaque mot, pour tenter d’échapper à sa vie sans-destin, qui décidement lui colle définitivement à la peau -- qu‘il a eu trouée au camp) n’intéresse personne. C’est sans doute parce que trop de gens (un âge du Christ plus tard) après le départ aux camps (de 1943) sont responsables à Budapest de centaines de milliers de vies parties en fumée, de juifs, de tsiganes et d’homo…

 

 

 

 

Par Villusion
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Mardi 23 juin 2009

Nouvelle page du Journal du 6 juin 2009
Une
nouvelle peinture figurant Marcus : Maison secondaire avec vue sur la plage (Beach Cottage)

 

 

 

Voilà

les deux photos avec lesquelles j’ai commenté mon travail :



 

Il s’agit du voyage pour Rio lorsque j’ai loué l’appartement de mes amis à Copacabana. J’avais rendez-vous avec Marcus pour le prendre en photos mais il ne s’est pas manifesté… Il est arrivé soudain deux jours après le rendez-vous à 9 heures du matin et il a fallu me tirer du lit pour me préparer en toute vitesse : c’est ainsi qu’on a réalisé une séance photos de deux heures. Marcus est l’un des rares modèles pour qui je ferais cela !


TECHNIQUE :


1)
Ces photos le montrent sur le lit je dormais justement : il s’étire tout en m’invitant à le rejoindre. Malheureusement la photo que je préfère est coupée en bas à gauche. Je souhaitais également une composition plus horizontale, donc avec l’autre photo du même moment j’ai arrangé le coup, grâce à Photoshop !

 

2) Une fois les deux photos l’une dans l’autre, j’ai obtenu une composition que j’aimais. J’ai voulu également changé l’atmosphère rendue par cette image : une simple chambre ne meditate guère… J’ai imaginé alors une fenêtre qui aurait une vue sur une plage tropicale. J’ai donc fait une recherche sur Internet de fenêtres avec palmiers… Ca n ’a pas était facile, mais j’ai finalement trouvé quelque chose qui ressemblait plus ou moins à ce que je voulais. J’ai utilisé à nouveau Photoshop pour incruster cette fenêtre dans le coin droit en haut et j’ai pu vérifier que le résultat était bon et je me suis dit que ce concept tel qu‘il est devrait fonctionner…

 

 

3) Alors avec cette photo trafiquée, j’ai commencé à faire des esquisses pour le tableau… La 7e ou 8e esquisse m’a enfin attirée, c’était le début de quelque chose d’excitant… Pour en arriver , il m’a fallu simplifier, styliser, rallonger linage, lui donner une atmosphère de maison de campagne -- c’est-à-dire : des lignes verticales pour suggérer une structure simple en bois, un cadre de fenêtre avec palmier et l’océan à l’horizon…

 

 






Par Villusion - Publié dans : Au jour le jour
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Dimanche 21 juin 2009

 

Jeudi 7 août

 

21h00

 

Rien de telle que la monotonie pour vous saper le moral. A cinq semaines du début de cette expédition, je teste un style de vie nouveau : couché très tôt après un morceau de tarte aux choux fleurs, un feuilleté aux framboise, du pain de seigle de la veille avec du miel. Tout ça durant diverses pause entre 19h00 et 20h00. Pour l’eau je trouve avant Ignimel, un stade avec un robinet. Je remplis trois bouteilles plus une bouteille achetée avec le reste dans une boulangerie d’Ignimel.

 

A 20h00, un coin idéal m’attire : très vert, sans être une forêt, très sauvage tout en étant accessible par un chemin. Il y a des ruches que j’observe. Mon nouveau style de vie ? Couché dès 20h30, je dors jusqu’à 5h00 du mat. Je me fais des pâtes à 6h00 et décolle à 7h00. Je vais essayer pour gagner une heure sur la canicule qui me freine (bien-sûr je n’arrive pas à me lever si tôt et je pars comme d’habitude entre 7h30 et 10h le lendemain matin)…




Vendredi 8 aout.

 

Voilà donc plus de quatre semaines que je ne vis que… « live by my bike » ! J’ai préféré donner RDV dimanche après-midi plutôt que demain soir à Landivisiau, pour me laisser une marge d’environ quinze heures. J’ai réussi depuis l’Orient (Hennebon) à monter tout droit vers le Nord, sans presque jamais tourner !

 

J’ai traversé surtout de belles et profondes forêts… Beaucoup de dénivelés mais dans l’ensemble faciles, surtout quand on va vers le Nord plutôt que vers le Sud, je crois. Dix pentes à pied hier, trois ou quatre ce matin, mais pour combien de descentes sans pédaler, sur des dizaines de kilomètres en tout !

 

A présent, je suis au bord du « Canal de Nantes à Brest ». Ma carte ne me donne son tracé que jusque Carhaix-plouguer. Et après ? Je pense remonter en escalier vers Landivisiau, pendant deux jours… Là, ce dimanche, ma sœur m’y attendra. Je resterais dans la maison bretonne de son copain jusque mercredi 12 août.

 

Le canal a l’air très praticable, vu le nombre de vélocipèdes qui y circulent : un à deux piétons ou vélo par quart d’heure ça fait beaucoup sur une PC ! C’est pour ça que j’aime ce voyage… Certains comme moi ont de lourds sacoches, mais ils sont plus rares…




 

J’ai trouvé le tracé droit vers le Nord, grâce à la carte régionale. Je l’emprunte depuis maintenant 24 heures et il me conduit comme je le souhaitais loin des voitures : une voiture toutes les dix minutes… On est loin du seuil des 1000 voitures par jour du tracé de la route cyclable de Dieppe. A ce rythme on doit atteindre seulement 250, voire 350 voitures par jour. Comme à Dieppe on atteint pas non plus les 120 mètres de dénivelés. Ces deux détails font qu’on pourrait identifier ce tracé comme une voie verte. Elle relie Lorient au canal en six heures. Le journal local annonce aujourd’hui « une hécatombe de bétail » due à la canicule (qui préfigure les 11000 victimes humaines en France).

 

 

 

 

Dimanche 10 août

 

Derniers espaces de ce récit de voyage sur des photocopies de cartes et des pages imprimées de cartes Michelin d’internet au 1/50000 (mais elles me serviront à rien trop peu détaillées).

 

Le stylo ne veut plus marcher. 10h12 Dernier espace occupé avant l’arrivée à Landivisiau demain : un bel espace à chevaux entre collines boisées, levé de grosse lune, hululement d’effraie et frottements d’insectes la nuit, cours d’eau frémissant alors que l’eau me manque et que j’ai lavé quelques affaires pour arriver plus ou moins propre. Puis planté la tente hors de l’enclos de vastes hectares… pour voir que finalement les arceaux de la tente se brisent les uns après les autres : il est temps que j’arrive, à mi-parcours, pour changer de tente.

 

Après Scrignac à la pause caniculaire, une femme est venue me parler, tandis que les hommes roulaient les rounds de paille dans le champs en face… Elle revient à la source après douze ans en Nouvelle-Calédonie et Nouvelle Zélande… Elle profite comme moi de l’ombre d’un petit arbre pendant la canicule meurtrière. Son caractère breton est attachant pour moi qui n’ai parlé à personne plus de dix minutes depuis plus d’un mois. En réalité elle doit aussi être sacrément caractérielle…

 

Peu à peu la Bretagne a su m’apprivoiser. Avant hier une boulangère, aujourd’hui une bouchère et cette femme qui doit avoir à peine plus de mon age. Toutes trois aussi curieuses, ouvertes et gentilles…

 

Les forêts de Bretagne aussi sont sympathiques : d’une fraîcheur inoubliable, qui valent largement la peine de traverser la région plutôt que de continuer par la côte plus touristique. Des dénivelés certes où pour monter je mets pied à terre, mais pour arranger le tout de belles et longues descentes ombragées, presque irréelles et si peu de voitures ; dès l’entrée dans les terres le contraste du nombre de voitures est saisissant…

 

Après Carhaix, qu’on prononce soit « carè » soit en breton, pour faire plus pro : « kerez » et 25 km de canal très faciles, je continue ma route avec la carte régionale 1/25000. Mais son tracé devient très aléatoire et je finis par aller sur les départementales qui se montrent aussi peu passagères en voitures ou bien j’essaie aussi à la boussole et à ce que me disent les (illisible)....




Jeudi 14 août

 

Je ne sais pas quelle heure il est et je suis déjà sous mon nouvel abris, car l’autre tente s’est brisée en morceau depuis dimanche. J’ai passé trois jours à Kerlabo avec ma sœur et sa petite famille. Mon portable : caput ! mon retour : dimanche 24 août « adjugé, vendu » ! Par magie, j’ai pu allumer une dernière fois mon portable ce matin et prendre in extremis le numéro de David  mon petit chéri pour le prévenir de mon prochain silence de dix jours L.

 

Le stylo ne marche plus non plus. Où suis-je ? Quel heure est-il ? Dans le parc d’Armorique où au bout de quatre heures j’ai bifurqué depuis la route d’Huelgoat où je devais me rendre, à cause des voitures et des camions beaucoup trop nombreux. A Comana je suis allé voir le tombeau d’un roi du néolithique, puis j’ai pris le circuit fléché de « la pierre bleue », et celui du « lac », mais j’ai voulu aller tout droit en suivant le sud vers le canal, sur ma boussole. Donc j’ai laissé de côté les circuits fléchés et me suis enfoncés dans les sentiers à vaches…

 

Bien entendu, comme partout en Bretagne, ça n’a pas loupé : je me suis vite retrouvé dans un enclos !! Mais cette fois, coûte que coûte, je n’ai pas voulu faire demi tour. Je suis donc monté dans un arbre au coin du champs pour voir un hypothétique chemin après l’enclos… J’ai quand même repéré le tracé d’une sorte de chemin que des animaux sauvages avaient creusé dans des fougères géantes...

 

Je m’y suis aventuré. Résultat : 200 m dans des herbes et des fougères hautes de 1m50, voir 2 mètres ! Puis ça s’est corsé ! 300 mètres dans des marécages. Les herbes ont beau ne faire plus qu’un mètre de haut, de grands trous de 50 à 70 cm me font vite déchanter ! Je finis bloqué par la boue au beau milieu du marais sauvage.  

 

Il a fallu que j’enlève toutes les sacoches du vélo, puis je suis arrivé en éclaireur jusqu’à un gros ruisseau qui lui était bien sur ma carte régionale : ça ne peut être que l’Elorn.  C’est près de l’eau fraîche sous la canicule, que je décide, après seulement cinq heures de vélo et une heure dans ces 500 mètres de jungle marécageuse, de m’arrêter jusqu’au lendemain, comme dans les films d’aventure où le héros prend la sage décision après une dure épreuve d’établir le camp sur place…

 

Ce n’est que le premier jour du retour vers Lexmur (2009 : nom que j'avais donné à Toulouse). Il ne faut pas en faire un calvaire ! Au lieu des ridicules 50 km prévus, j’en fais encore moins : 36km ! mais j’ai comme habitude que le premier jour est le plus dur à mettre en marche. Les jours suivants, une force oubliée me revient comme par miracle, pendant la première nuit de camping sauvage, comme si je me transformais en M. Hyde ou Hulk pendant la nuit…

 

Demain je prévois : le canal puis la Loire pour gagner un rythme honorable de 100 km par jour, avec une plage gay au bout du parcours…

 


FIN 

 

 

Par Villusion - Publié dans : Au jour le jour
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Dimanche 21 juin 2009



Mardi 8 juillet

 

Je suis à Marennes Oléron. Camping sauvage. Quoiqu’il arrive, demain je dois trouver sans carte Hiers et Brouage et ne pas rentrer dans Rourcefrant-le-Chapus, quel nom ! Il faut que je dépasse La Rochelle.

 

Brouage

 

10h00

 

Fort royal. C’est un site géant ! une garnison de six cents en temps de paix, à cinq milles hommes en temps de guerre, y vivaient. On se demande comment ils faisaient pour s’entasser tous là ! Soldats, ils travaillaient à forger des canons ou de l’artillerie, à soigner 265 chevaux dans l’écurie. La poudrière contenait deux tonnes de poudre à canon. Une porte cachée menait à un port sous-terrain qui communiquait avec la mer grâce aux nombreux canaux qui cheminaient dans les marécages qui entourent Brouage.

 






12h14

 

J’arrive au dernier départ du Pont Martrou : un embarcadère pour traverser la Charente entre Rochefort et La Rochelle, bien connu des piétons et des cyclistes du coin. Il date de la Tour Effel. Je visite un peu autour du pont avant de traverser, mais c’est trop tard ! Le pont ferme à midi.

 

13h00 J’en profite donc pour déjeuner à l’ombre d’un vieux mur frais.

Mercredi 9 juillet

 

HIERS

 

00h00

 

Je ne sais si c’est les voitures trop nombreuses sur les routes trop encombrées entre Rochefort et La Rochelle, ou le poulet trop industriel, que j’ai mangé en quantité : 250 g, ou tout simplement la fatigue accumulée du quatrième jour, mais ce soir, les conneries s’enchaînent : je farfouille nerveusement dans mes sacoches, plante la tente en vitesse à cause du risque de mauvais temps, et le terrain très rocailleux aux hautes herbes…

 

Toujours est-il que la lampe à gaz finit par tomber… sur le matelas à air, le bousillant définitivement : 35 € s’en vont en fumée… J’essaie bien de le réparer, mais le trou est trop important. Ensuite c’est au tour du vent de rabattre la toile de l’entrée de la tente sur la lampe, provocant un gros trou dans la porte de ma tente... Bref, il est tant que je me calme ou je vais finir en loques !

 

Le gaz quant à lui, tient bon au 4e jour les 220g ne sont pas encore consumés et 470g attendent encore en réserve.

 




Ce matin à l'aube avec l’épais brouillard j’ai pu tester la « douche au maïs » : dans un champs de maïs couvert de rosée, j’avance de trente mètres, et me sers des feuilles très mouillées pour me laver tout nu ! Très bon, une eau pure : la rosée… mais à ne tester qu’en cas d’épais brouillard comme ce matin !!

Samedi 12 juillet

 

PARIS

 

J’arrive à Boulogne à 16h, après 10 heures de voyages de gare en gare… Puis de Boulogne, je me souviens des cyclos allemands que j’ai rencontré : Marc et Anya, on a traversé Paris ensemble… On a entraperçu Notre Dame quelques secondes.

 

Arrivé à Amiens à gauche de la gare, j’ai trouvé une boulangerie hors pair où le pain au raisin est aussi gros qu’une assiette et aussi copieux qu’un gâteau entier ! A Boulogne, je me demandais ce qu’il en était de la fameuse « route de la Mer du Nord » et bien je vais le savoir : à la gare de Boulogne, deux cyclos belges sont à la recherche de cette LF, bien connue surtout des belges et des hollandais. A l’Office de Tourisme de Boulogne, je les retrouve. Là on me donne de vraies bouquins qui me renseignent sur les chemins pédestres de la région mais ni PC, ni LF1. On finit par avoir un nom : la « route de la Poterie » (photo). La LF est sensée partir de là.

 

Je pars seul à sa recherche, après quelques courses dans la supérette de Wimereux. La route de la Poterie mène et part de nulle part. Cela ressemble à un gag : ni écriteau, ni signe et un dénivelé à faire pâlir Sysiphe, digne des montagnes russes de la forêt de la Coubre ! Je reviens vite sur mes pas et je dors dans les dunes de Slack ou plutôt juste avant dans la toute première dune de la Pointe aux oies (photo).

 

A présent, je prends un sentier très beau : « le sentier de la baie Saint-jean », plein de fleurs, de forêt de pins pour éviter la départementale trop étroite entre les dunes. Les vélos comme à Royan y sont interdits. Parfois les sentiers sont innaccessibles à vélo à cause du sable ou d’escaliers comme ici, alors je le pousse. J’avance très lentement mais ça vaut le détour. Les dénivelés comme partout ici sont spectaculaires, mais il n’y a de difficultés que pour celui qui se force, qui force son rythme. A mon rythme, je ne rencontre aucun problème. L’air est parfumé et l’ombre fraîche.

 




Voilà. Ca fait tout juste une semaine que je suis parti dans ce périple de 6 semaines à vélo. Le bilan est positif : je n’ai rien perdu, j’ai juste mal au genou gauche quand je force trop, mais c’est plus un indicateur de fatigue qu’autre chose.

 

Dimanche 13 juillet

 

10h30

 

Après le sentier de la baie Saint-Jean de la Pointe aux oies, je continue la route de la côte de la Mer du Nord : Ambleteuse, Andresselles, Andrighen et Wissant qui n’est qu’une station balnéaire. Je tourne à un panneau « terre entre deux cap » et prends la D244 qui va aussi à l’autoroute. Beaucoup de dénivellés : Hervelinghen… à Saint Inglevert je prends une « voie verte » : c’est l’ancienne départementale qui longe l’autoroute. Je n’hésite pas à la continuer même quand un terre-plein la bouche complètement : je suis seul cette fois, aucune voiture, aucun vélo. La départementale suit l’autoroute et se termine par une petite route de ferme qui regagne Coquelles et enfin : Calais (photo).

 

 

 

Mardi 15 juillet

 

21h30

 

CALAIS

 

Je reste à Calais avec David mon correspondant. Notre rencontre s’est bien passée. On a tous les deux acrochés. Au plus tard je m’en irais vers le 7 aout. Mais la perspective de trois semaines dans le camping du Fort lapin, ne me plaît guère. Je pourrais faire quelques évadées de deux trois jours dans le Pas-de-Calais, à Boulogne pour Nausicaa avec David, à Ardres, Saint Omer ou ailleurs. Le canal de Calais à Saint Omer est très praticable, l’Aa qui remonte ensuite vers le Nord sera-t-il aussi facile ? Au plus tôt je partirais vendredi 25 juillet.

 

Le rythme des navettes vers l’Angleterre s’est calmé à présent. Le soleil s’est couché et le vent a fraîchi. Il paraît que deux jours de mauvais temps se préparent.

 

Je prévoie d’acheter un CD balladeur qui lit les mp3. David me fournira la musique. L’horloge colorée de Calais retentit jusque sur la plage où je me trouve et les six bourgeois de Rodin frémissent à côté, dans leur minéral vert de gris... La mer est turquoise à marée basse. Les anciens parc à moules décorent la plage du Blériot où je vais me retrouver souvent, avant de repartir… Lieu de notre première rencontre avec David cet après-midi.

 

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