DEBUT
Lundi 30 juin.
TOULOUSE J – 4
Depuis longtemps, un petit vélo me trotte dans la tête qui part de Lexmur vers l’océan et remonte le plus prés non pas des étoiles, mais des vagues…
En fait c’est pareil, les vagues ou les étoiles. Les unes influent sur le magnétisme des autres mais c’est du même ordre de grandeur : l’immensité de l’océan répond à l’infiniment grand des étoiles et de l’univers… Le grain de sable, à l’infiniment petit des étoiles, pour nous, dans le ciel… Deux mondes qui s’imbriquent parfaitement l’un dans l’autre : le ciel et l’océan. Si j’avais pu c’est un voilier qui aurait longé ces étendues de sables et de forêts, avec des escales en pleine nature, tous les jours.
Avec le vélo, je ne ne suis pas très loin du voilier, quand j’arrive au fond de la forêt, vers les dunes et que derrière, rugit l’océan, j’ai cette sensation d’être loin en mer déjà… c’est de naviguer dans la forêt, en évitant le plus la foule et les villes, pour un bol d’air frais de 40 jours, dont j’ai besoin. La canicule s’est installée à Lexmur (note de 2009 : c'est ainsi que j'appelle Toulouse) voilà déjà presque un mois !
Je me suis promis d’être court pour cette première approche à J-4. Je fais mon « propre guide de la côte atlantique à vélo ».
La route de l’eau salée. Ira-t-elle bien de Bordeaux à Calais comme je le prévoie ? Seule la limite des treize jours pour arriver le quinze à Calais conditionne ce départ…
Je pars avec cet état d’esprit qu’on pourrait résumer ainsi, en reprenant le titre d’un livre paru avant l’an 2000 : « l’éloge de la lenteur ».
PREPARATIFS
Pour comprendre ma démarche, il suffit de regarder quelqu’un qui marche avec un enfant de quatre ans : la lenteur de ses pas sera la mienne. L’enfant fait un pas et trébuche, touche au passage une feuille et s’arrête enfin un moment pour observer quelque chose qui l’intrigue sur sa route…
La patience des parents sera ma patience, je ne sais pas pour quelle raison au juste, si ce n’est cet éloge de la lenteur pour rester dans un état constant de bien-être…
Avant de partir quelques objets sont nécessaires pour vivre ce long voyage en solitaire à travers la forêt et vivre le plus possible « à la sauvage »… Une popote pour bien manger et être rassasier chaque jour, avancer sans faim, la nourriture étant « l’essence » de mes jambes qui me permettront d’avancer…
Je suis là l’exemple de Mathieu Monceau qui fait un TDM (tour du monde) à vélo. Il se fait chaque soir des pâtes avec soit du fromage, soit de la sauce tomate, soit juste de l’huile d’olive etc. Il ne mange qu’une viande par semaine mais arrive à rouler des centaines de kilomètres chaque semaine. Tous les six jours il se repose. Parfois le matin il prend le temps de se faire des crêpes. Ca lui prend une heure donc il évite car le matin est précieux pour avancer…
Moi, avec mon expérience récentes des plantes sauvages comestibles, je pense rajouter à ce régime parfois : des orties, du plantain et d’autres plantes trouvées en cours de route…
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