Dimanche 21 juin 2009

 

Samedi 5 juillet 2003-09-02

 

LACANAU

 

Après avoir vu quelques TDM à vélo sur le net. Combien se font hors du net ? de nombreux j’imagine… je crois beaucoup au « concept » Un peu comme ces sites pornos qui naissent d’un concept : en Australie, une camionnette s’arrête pour prendre des auto-stoppeurs et leur faire virer leur cuti ; Aaron fait du social en organisant des films pornos gays dans une chambre d’hôtel en Russie. La femme de ménage arrive à l’improviste et crée la panique parmi la partouze, écrit Aaron qui tient son journal. Car le concept est étroitement relié à la forme de journal...

 

 

HOURTIN

 

Salaune, 35 km environ du départ : la gare de Bordeaux. A Bordeaux je me suis un peu perdu. Je n’ai plus l’habitude depuis l’an dernier, j’ai oublié la route vers la piste cyclable des Landes. A la gare je prend par facilité, un chemin sans escalier qui mène à l’extérieur. Mais sorti de là, je me trompe et prend le vieux pont Saint Louis. Il faut dire que beaucoup trop de choses s’appellent Louis à Bordeaux ! Je suis le quai (photo) jusqu’à la direction Lacanau (photo) avec quelques superettes, restos et boulangeries le long de la route pour bien démarrer le voyage !! Mais très vite on se demande où commence cette fameuse PC des Landes sans voiture, car on arrive à une voie rapide, de plus en plus en pente… Moi j’ai tourné à Bruges, de là à gauche, j’ai rejoint la piste cyclable Bordeaux-Lacanau.

 

Dimanche 6 juillet. 10h50.

 

Arrivé à  Lacanau, la PC se complique : une belle route mène droit à un camping et pour le contourner mieux vaut aller vers l’océan qu’il me tarde de voir… un jeune « garde » saisonnier très mignon se lève quand il me voit arriver de nulle part à une des portes du camping,

Retour sur ce souvenir : premier beau mec rencontré lors de ce tour de France à vélo, un jeune mec avec juste un maillot de bain de couleur, bronzé les muscles saillant et qui attend on ne sais quoi près de la forêt à l'entrée toute simple dans un grillage d'un camping... j'en garde encore l'image impressioniste, imprimée après 6 ans dans ma mémoire, sans autre raison que le soulagement d'arriver au début de quelque chose que j'espérais depuis le premier pas de ce voyage à vélo ; pourrait faire un beau tableau un peu comme le dernier que je viens de faire : Venice sur mon premier voyage à 17 ans à Venise...



Après ma question il me prévient : il ne sait pas où ça mène mais ça l’étonnerait qu’il y ait une PC par là. Tant pis, je suis là pour tenter l’aventure et je disparais en poussant péniblement mon vélo dans le sable blanc… En effet, par là commence deux kilomètres de ligne Maginot non pardon… de ce « mur de l’Atlantique » chemin de béton posé sur le sable par les allemands à la seconde guerre en vue d’un projet de rempart tout le long de l’Atlantique. Il en est resté un chemin en dur souvent cabossé, où il faut parfois pousser le vélo dans le sable blanc et pousser 40 kg sur 20 mètres de sable, ouf ! c’est dur !!

 

J’ai très bien dormi, après un plat de pâtes. Réchaud et lampe à gaz sont devenus indispensables dès la première utilisation. Le terrain de cette première nuit « à la sauvage » quelques mètres carrés suffisent. C’est aussi une cachette contre les gardes-chasses ? Mes trente cinq nuits « à la sauvage » n’ont jamais trouvé de réfractaire. Par chance ? Le camping sauvage est interdit en France. Je suis ce principe : à la nuit tombante, je roule une demi-heure sur le « mur » puis bifurque vers la forêt, une fois deux fois et m’arrête pour trouver le coin idéale, au cœur de la forêt.

 

Une nuit excellente sur mon nouveau matelas à demi autogonflant, quatre expirations et hop, c’est près ! Pourtant la marée haute a vite amené l’humidité et le trop frais dans la tente.  Je n’ai pas réussi à fermer mon duvet et le froid m’a réveillé plusieurs fois…

 

Je lis un quart d’heure à la lampe à gaz, lumière blanche agréable (dont je me passerais plus tard quand elle sera cassée, mais pour l’instant cette lumière est nécessaire pour faire le pont avec la civilisation…) « L’enfer des orchidées », un récit amazonien… avant que le sommeil me gagne vers 23h30. A 3h30, 4h50, 6h30 et 8h05, entouré du mystère de la forêt pour la première nuit depuis longtemps, j’ouvre les yeux et écoute les bruits des Landes… Mes cycles de rêves se mêlent au stress, passage obligé de ma première nuit de camping sauvage : un individu dort juste à côté dans une sorte de maison sous des branchages ; des gens du camping affluent de partout…

 



Le soir je vois deux chevreuils. Il est 21h. Ils me regardent quelques courtes minutes eux aussi.

 

Le lendemain matin, à 10h, à Carcan plage un surfer très bien foutu m’arrête et me demande un tourne-vis. C’est la première fois depuis mon départ que je suis confronté à mon désordre dans mes sacoches de vélo !! je retourne toutes mes affaires pour finir par le trouver tout au fond avec ma pince. Puis je vais me doucher en haut de la dune : je vois enfin l’Océan. J’ai un moment envie de m’y baigner, mais les gens en reviennent dégoûtés : ils ont les pieds et les jambes plein de mazoute ! un rouleau de papier et une poubelle est mis à leur disposition près de la douche pour qu’ils se nettoient. Je pense : le gouvernement a trouvé la solution pour laver les plages des marées noires : les pieds des touristes !



 

Je prend une autre photo avant Carcans-plage sur une PC refaite mais à « sens-unique » : trop haute pour dévier quand un vélo arrive en face ; qui s’arrête ? mystère…

Ensuite vers Hourtin, la PC redevient comme après Lacanau, au bas des dunes : le Mur de l’Atlantique défoncé, bref, du tout terrain !

 

17h30

 

Conséquence : un pneu pète ! Mais de 14h à 17h, je me baigne enfin dans l’océan, car je regagne le bord des vagues pour marcher et pousser le vélo… je suis actuellement sur la plage après Montalivet. Je trouverais un pneu demain lundi à Soulac. Le temps se gâte de la mer. Mauvais signe ?

 

20h30

 

Sur la bonne PC qui longe la route, je photographie le panneau indiquant l’embarcadère 47,5 km : la Pointe de Grave (photo). C’est alors que je m’aperçois que le pneu va éclater et qu’on est dimanche ! je le scotche mais le regonfle aussi, ce qui ne fait que le faire éclater dix fois plus en quelque minutes seulement ! Je le dégonfle donc mais trop tard : il ne me reste qu’à le pousser. J’irai à pied jusqu’à Soulac. De toute façon j’ai tout le dimanche pour faire trente sept kilomètres à pied.

Sur la photo suivante (note 2009 : malheureusement je ne retrouve plus ces photos prises avec des appareils jetables) on peut voir l’exercice le plus dur de ces quarante jours : la montée de la dune en poussant le vélo dans le sable. Il faut s’armer de patience et  avancer cinquante centimètres par cinquante centimètres en essayant de rouler sur autre chose que du sable : désolé pour les plantes écorchées au passage. Sur la photo suivante, c’est une énorme plaque de mazoute et des mouettes (à peine visible) en train de parlementer sur les méfaits de la marée noire… Le goudron a peu à peu tout  envahi : la plante de mes pieds, mes habits tâchés irrémédiablement, mes cartes. Il se glisse partout et s’accroche à vous au moindre effleurement. Les ailes blanches des mouettes sont grises puis noires maintenant. Combien de goélands, d’oiseaux et d’animaux vont mourir ?

 

22h00

 

Deuxième soir de camping sauvage. J’ai économisé 12 à 15 € de camping à chaque fois. Super ! A part mes barres bio énergétiques, cinq aujourd’hui, soit 5 €, ce séjour ne me coûte pour l’instant presque rien. J’aime les Landes, une nature pleine de poésie et si simple à la fois.

 

Demain le pneu à 30 voir 40 € sera largement remboursé par le camping sauvage. Sans compter la tristesse en moins : me retrouver au camping me rend mal à l’aise à chaque fois. Alors que seul dans la forêt, ça change tellement de tout ce que je vis le reste de l’année ; j’adore !

 

Pour trouver l’emplacement je roule, enfin aujourd’hui je marche ! sur la PC durant 2-3 km pour m’éloigner de la route, puis je prend un chemin forestier à l’est (j’ai une boussole ou bien je me guide au soleil qui se couche à l’ouest). Très vite, au bout de cinq minutes je tourne à nouveau dans un chemin sans tracé précis et trouve de grands genêts pour m’abriter des opportuns…

 

 

Par Villusion
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