Mardi 8 juillet
Je suis à Marennes Oléron. Camping sauvage. Quoiqu’il arrive, demain je dois trouver sans carte Hiers et Brouage et ne pas rentrer dans Rourcefrant-le-Chapus, quel nom ! Il faut que je dépasse La Rochelle.
Brouage
10h00
Fort royal. C’est un site géant ! une garnison de six cents en temps de paix, à cinq milles hommes en temps de guerre, y vivaient. On se demande comment ils faisaient pour s’entasser tous là ! Soldats, ils travaillaient à forger des canons ou de l’artillerie, à soigner 265 chevaux dans l’écurie. La poudrière contenait deux tonnes de poudre à canon. Une porte cachée menait à un port sous-terrain qui communiquait avec la mer grâce aux nombreux canaux qui cheminaient dans les marécages qui entourent Brouage.
J’arrive au dernier départ du Pont Martrou : un embarcadère pour traverser la Charente entre Rochefort et La Rochelle, bien connu des piétons et des cyclistes du coin. Il date de la Tour Effel. Je visite un peu autour du pont avant de traverser, mais c’est trop tard ! Le pont ferme à midi.
13h00 J’en profite donc pour déjeuner à l’ombre d’un vieux mur frais.
Mercredi 9 juillet
HIERS
00h00
Je ne sais si c’est les voitures trop nombreuses sur les routes trop encombrées entre Rochefort et La Rochelle, ou le poulet trop industriel, que j’ai mangé en quantité : 250 g, ou tout simplement la fatigue accumulée du quatrième jour, mais ce soir, les conneries s’enchaînent : je farfouille nerveusement dans mes sacoches, plante la tente en vitesse à cause du risque de mauvais temps, et le terrain très rocailleux aux hautes herbes…
Toujours est-il que la lampe à gaz finit par tomber… sur le matelas à air, le bousillant définitivement : 35 € s’en vont en fumée… J’essaie bien de le réparer, mais le trou est trop important. Ensuite c’est au tour du vent de rabattre la toile de l’entrée de la tente sur la lampe, provocant un gros trou dans la porte de ma tente... Bref, il est tant que je me calme ou je vais finir en loques !
Le gaz quant à lui, tient bon au 4e jour les 220g ne sont pas encore consumés et 470g attendent encore en réserve.
Ce matin à l'aube avec l’épais brouillard j’ai pu tester la « douche au maïs » : dans un champs de maïs couvert de rosée, j’avance de trente mètres, et me sers des feuilles très
mouillées pour me laver tout nu ! Très bon, une eau pure : la rosée… mais à ne tester qu’en cas d’épais brouillard comme ce matin !!
Samedi 12 juillet
PARIS
J’arrive à Boulogne à 16h, après 10 heures de voyages de gare en gare… Puis de Boulogne, je me souviens des cyclos allemands que j’ai rencontré : Marc et Anya, on a traversé Paris ensemble… On a entraperçu Notre Dame quelques secondes.
Arrivé à Amiens à gauche de la gare, j’ai trouvé une boulangerie hors pair où le pain au raisin est aussi gros qu’une assiette et aussi copieux qu’un gâteau entier ! A Boulogne, je me demandais ce qu’il en était de la fameuse « route de la Mer du Nord » et bien je vais le savoir : à la gare de Boulogne, deux cyclos belges sont à la recherche de cette LF, bien connue surtout des belges et des hollandais. A l’Office de Tourisme de Boulogne, je les retrouve. Là on me donne de vraies bouquins qui me renseignent sur les chemins pédestres de la région mais ni PC, ni LF1. On finit par avoir un nom : la « route de la Poterie » (photo). La LF est sensée partir de là.
Je pars seul à sa recherche, après quelques courses dans la supérette de Wimereux. La route de la Poterie mène et part de nulle part. Cela ressemble à un gag : ni écriteau, ni signe et un dénivelé à faire pâlir Sysiphe, digne des montagnes russes de la forêt de la Coubre ! Je reviens vite sur mes pas et je dors dans les dunes de Slack ou plutôt juste avant dans la toute première dune de la Pointe aux oies (photo).
A présent, je prends un sentier très beau : « le sentier de la baie Saint-jean », plein de fleurs, de forêt de pins pour éviter la départementale trop étroite entre les dunes.
Les vélos comme à Royan y sont interdits. Parfois les sentiers sont innaccessibles à vélo à cause du sable ou d’escaliers comme ici, alors je le pousse. J’avance très lentement mais ça vaut le
détour. Les dénivelés comme partout
ici sont spectaculaires, mais il n’y a de difficultés que pour celui qui se force, qui force son
rythme. A mon rythme, je ne rencontre aucun problème. L’air est parfumé et l’ombre fraîche.
Voilà. Ca fait tout juste une semaine que je suis parti dans ce périple de 6 semaines à vélo. Le bilan est positif : je n’ai rien perdu, j’ai juste mal au genou gauche quand je force trop,
mais c’est plus un indicateur de fatigue qu’autre chose.
Dimanche 13 juillet
10h30
Après le sentier de la baie Saint-Jean de la Pointe aux oies, je continue la route de la côte de la Mer du Nord : Ambleteuse, Andresselles, Andrighen et Wissant qui n’est qu’une station balnéaire. Je tourne à un panneau « terre entre deux cap » et prends la D244 qui va aussi à l’autoroute. Beaucoup de dénivellés : Hervelinghen… à Saint Inglevert je prends une « voie verte » : c’est l’ancienne départementale qui longe l’autoroute. Je n’hésite pas à la continuer même quand un terre-plein la bouche complètement : je suis seul cette fois, aucune voiture, aucun vélo. La départementale suit l’autoroute et se termine par une petite route de ferme qui regagne Coquelles et enfin : Calais (photo).
Mardi 15 juillet
21h30
CALAIS
Je reste à Calais avec David mon correspondant. Notre rencontre s’est bien passée. On a tous les deux acrochés. Au plus tard je m’en irais vers le 7 aout. Mais la perspective de trois semaines dans le camping du Fort lapin, ne me plaît guère. Je pourrais faire quelques évadées de deux trois jours dans le Pas-de-Calais, à Boulogne pour Nausicaa avec David, à Ardres, Saint Omer ou ailleurs. Le canal de Calais à Saint Omer est très praticable, l’Aa qui remonte ensuite vers le Nord sera-t-il aussi facile ? Au plus tôt je partirais vendredi 25 juillet.
Le rythme des navettes vers l’Angleterre s’est calmé à présent. Le soleil s’est couché et le vent a fraîchi. Il paraît que deux jours de mauvais temps se préparent.
Je prévoie d’acheter un CD balladeur qui lit les mp3. David me fournira la musique. L’horloge colorée de Calais retentit jusque sur la plage où je me trouve et les six bourgeois de Rodin frémissent à côté, dans leur minéral vert de gris... La mer est turquoise à marée basse. Les anciens parc à moules décorent la plage du Blériot où je vais me retrouver souvent, avant de repartir… Lieu de notre première rencontre avec David cet après-midi.
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