Dimanche 21 juin 2009

 

Jeudi 7 août

 

21h00

 

Rien de telle que la monotonie pour vous saper le moral. A cinq semaines du début de cette expédition, je teste un style de vie nouveau : couché très tôt après un morceau de tarte aux choux fleurs, un feuilleté aux framboise, du pain de seigle de la veille avec du miel. Tout ça durant diverses pause entre 19h00 et 20h00. Pour l’eau je trouve avant Ignimel, un stade avec un robinet. Je remplis trois bouteilles plus une bouteille achetée avec le reste dans une boulangerie d’Ignimel.

 

A 20h00, un coin idéal m’attire : très vert, sans être une forêt, très sauvage tout en étant accessible par un chemin. Il y a des ruches que j’observe. Mon nouveau style de vie ? Couché dès 20h30, je dors jusqu’à 5h00 du mat. Je me fais des pâtes à 6h00 et décolle à 7h00. Je vais essayer pour gagner une heure sur la canicule qui me freine (bien-sûr je n’arrive pas à me lever si tôt et je pars comme d’habitude entre 7h30 et 10h le lendemain matin)…




Vendredi 8 aout.

 

Voilà donc plus de quatre semaines que je ne vis que… « live by my bike » ! J’ai préféré donner RDV dimanche après-midi plutôt que demain soir à Landivisiau, pour me laisser une marge d’environ quinze heures. J’ai réussi depuis l’Orient (Hennebon) à monter tout droit vers le Nord, sans presque jamais tourner !

 

J’ai traversé surtout de belles et profondes forêts… Beaucoup de dénivelés mais dans l’ensemble faciles, surtout quand on va vers le Nord plutôt que vers le Sud, je crois. Dix pentes à pied hier, trois ou quatre ce matin, mais pour combien de descentes sans pédaler, sur des dizaines de kilomètres en tout !

 

A présent, je suis au bord du « Canal de Nantes à Brest ». Ma carte ne me donne son tracé que jusque Carhaix-plouguer. Et après ? Je pense remonter en escalier vers Landivisiau, pendant deux jours… Là, ce dimanche, ma sœur m’y attendra. Je resterais dans la maison bretonne de son copain jusque mercredi 12 août.

 

Le canal a l’air très praticable, vu le nombre de vélocipèdes qui y circulent : un à deux piétons ou vélo par quart d’heure ça fait beaucoup sur une PC ! C’est pour ça que j’aime ce voyage… Certains comme moi ont de lourds sacoches, mais ils sont plus rares…




 

J’ai trouvé le tracé droit vers le Nord, grâce à la carte régionale. Je l’emprunte depuis maintenant 24 heures et il me conduit comme je le souhaitais loin des voitures : une voiture toutes les dix minutes… On est loin du seuil des 1000 voitures par jour du tracé de la route cyclable de Dieppe. A ce rythme on doit atteindre seulement 250, voire 350 voitures par jour. Comme à Dieppe on atteint pas non plus les 120 mètres de dénivelés. Ces deux détails font qu’on pourrait identifier ce tracé comme une voie verte. Elle relie Lorient au canal en six heures. Le journal local annonce aujourd’hui « une hécatombe de bétail » due à la canicule (qui préfigure les 11000 victimes humaines en France).

 

 

 

 

Dimanche 10 août

 

Derniers espaces de ce récit de voyage sur des photocopies de cartes et des pages imprimées de cartes Michelin d’internet au 1/50000 (mais elles me serviront à rien trop peu détaillées).

 

Le stylo ne veut plus marcher. 10h12 Dernier espace occupé avant l’arrivée à Landivisiau demain : un bel espace à chevaux entre collines boisées, levé de grosse lune, hululement d’effraie et frottements d’insectes la nuit, cours d’eau frémissant alors que l’eau me manque et que j’ai lavé quelques affaires pour arriver plus ou moins propre. Puis planté la tente hors de l’enclos de vastes hectares… pour voir que finalement les arceaux de la tente se brisent les uns après les autres : il est temps que j’arrive, à mi-parcours, pour changer de tente.

 

Après Scrignac à la pause caniculaire, une femme est venue me parler, tandis que les hommes roulaient les rounds de paille dans le champs en face… Elle revient à la source après douze ans en Nouvelle-Calédonie et Nouvelle Zélande… Elle profite comme moi de l’ombre d’un petit arbre pendant la canicule meurtrière. Son caractère breton est attachant pour moi qui n’ai parlé à personne plus de dix minutes depuis plus d’un mois. En réalité elle doit aussi être sacrément caractérielle…

 

Peu à peu la Bretagne a su m’apprivoiser. Avant hier une boulangère, aujourd’hui une bouchère et cette femme qui doit avoir à peine plus de mon age. Toutes trois aussi curieuses, ouvertes et gentilles…

 

Les forêts de Bretagne aussi sont sympathiques : d’une fraîcheur inoubliable, qui valent largement la peine de traverser la région plutôt que de continuer par la côte plus touristique. Des dénivelés certes où pour monter je mets pied à terre, mais pour arranger le tout de belles et longues descentes ombragées, presque irréelles et si peu de voitures ; dès l’entrée dans les terres le contraste du nombre de voitures est saisissant…

 

Après Carhaix, qu’on prononce soit « carè » soit en breton, pour faire plus pro : « kerez » et 25 km de canal très faciles, je continue ma route avec la carte régionale 1/25000. Mais son tracé devient très aléatoire et je finis par aller sur les départementales qui se montrent aussi peu passagères en voitures ou bien j’essaie aussi à la boussole et à ce que me disent les (illisible)....




Jeudi 14 août

 

Je ne sais pas quelle heure il est et je suis déjà sous mon nouvel abris, car l’autre tente s’est brisée en morceau depuis dimanche. J’ai passé trois jours à Kerlabo avec ma sœur et sa petite famille. Mon portable : caput ! mon retour : dimanche 24 août « adjugé, vendu » ! Par magie, j’ai pu allumer une dernière fois mon portable ce matin et prendre in extremis le numéro de David  mon petit chéri pour le prévenir de mon prochain silence de dix jours L.

 

Le stylo ne marche plus non plus. Où suis-je ? Quel heure est-il ? Dans le parc d’Armorique où au bout de quatre heures j’ai bifurqué depuis la route d’Huelgoat où je devais me rendre, à cause des voitures et des camions beaucoup trop nombreux. A Comana je suis allé voir le tombeau d’un roi du néolithique, puis j’ai pris le circuit fléché de « la pierre bleue », et celui du « lac », mais j’ai voulu aller tout droit en suivant le sud vers le canal, sur ma boussole. Donc j’ai laissé de côté les circuits fléchés et me suis enfoncés dans les sentiers à vaches…

 

Bien entendu, comme partout en Bretagne, ça n’a pas loupé : je me suis vite retrouvé dans un enclos !! Mais cette fois, coûte que coûte, je n’ai pas voulu faire demi tour. Je suis donc monté dans un arbre au coin du champs pour voir un hypothétique chemin après l’enclos… J’ai quand même repéré le tracé d’une sorte de chemin que des animaux sauvages avaient creusé dans des fougères géantes...

 

Je m’y suis aventuré. Résultat : 200 m dans des herbes et des fougères hautes de 1m50, voir 2 mètres ! Puis ça s’est corsé ! 300 mètres dans des marécages. Les herbes ont beau ne faire plus qu’un mètre de haut, de grands trous de 50 à 70 cm me font vite déchanter ! Je finis bloqué par la boue au beau milieu du marais sauvage.  

 

Il a fallu que j’enlève toutes les sacoches du vélo, puis je suis arrivé en éclaireur jusqu’à un gros ruisseau qui lui était bien sur ma carte régionale : ça ne peut être que l’Elorn.  C’est près de l’eau fraîche sous la canicule, que je décide, après seulement cinq heures de vélo et une heure dans ces 500 mètres de jungle marécageuse, de m’arrêter jusqu’au lendemain, comme dans les films d’aventure où le héros prend la sage décision après une dure épreuve d’établir le camp sur place…

 

Ce n’est que le premier jour du retour vers Lexmur (2009 : nom que j'avais donné à Toulouse). Il ne faut pas en faire un calvaire ! Au lieu des ridicules 50 km prévus, j’en fais encore moins : 36km ! mais j’ai comme habitude que le premier jour est le plus dur à mettre en marche. Les jours suivants, une force oubliée me revient comme par miracle, pendant la première nuit de camping sauvage, comme si je me transformais en M. Hyde ou Hulk pendant la nuit…

 

Demain je prévois : le canal puis la Loire pour gagner un rythme honorable de 100 km par jour, avec une plage gay au bout du parcours…

 


FIN 

 

 

Par Villusion - Publié dans : Au jour le jour
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Bienvenu sur 3jours1peinture

3jours1peinture c'est le rythme en plein régime de ma production de peintures... Visitez mon atelier prolifique : je souhaite réaliser 100 oeuvres par an. Vous pouvez participez au projet de l’atelier en achetant l’une de ces oeuvres à un prix modique, frais d’envoi inclus (par Paypal par exemple)… Tout en bas vous trouverez le lien de la boutique ou bien écrivez-moi à georget_cyril@yahoo.fr. Ce site et mes peintures ne se veulent pas orientées, cependant si la nudité masculine vous choque je vous conseille de ne pas aller plus loin... Bon surf !

D'après Le Caravage

dscf1692

dscf1692

Présentation

  • : Le nu masculin
  • villusion
  • : peinture gay atelier peintre homo Culture
  • : Visitez mon atelier prolifique : je souhaite réaliser 100 oeuvres par an. Vous pouvez participez au projet de l’atelier en achetant l’une de ces oeuvres à un prix modique, frais d’envoi inclus (par Paypal par exemple)… Tout en bas vous trouverez le lien de la boutique ou bien écrivez-moi à georget_cyril@yahoo.fr. Ce site et mes peintures ne se veulent pas orientées, cependant si la nudité masculine vous choque je vous conseille de ne pas aller plus loin... Bon surf !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 14/09/2008

D'après Géricault

dscf1692

Créer un Blog

dscf1692

Recherche

D'après Hockney

dscf1692

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus